Qu’est ce que le DIF ?

Le DIF, ou droit individuel à la formation, est un dispositif permettant aux salariés en CDI, en CDD et en intérim d’acquérir un crédit d’heures de formation utilisables avec l’accord de l’employeur.
Qui peut prétendre au DIF et sous quelles conditions ?
CDI (à temps plein et temps partiel) : justifier d’un an d’ancienneté dans l’entreprise.
CDD : justifier d’une ancienneté minimum de 4 mois d’activité
en CDD au cours des 12 derniers mois.
Travailleurs temporaires : justifier, sur une période de 24 mois consécutifs, de 2 700 heures de travail temporaire dont 2 100 heures dans l’entreprise de travail temporaire dans laquelle la demande est faite.
En sont exclus : les titulaires d’un contrat d’apprentissage et les salariés en contrat de professionnalisation.
Comment constituer son DIF ?
Tout salarié en CDI à temps plein, justifiant d’une ancienneté d’un an dans l’entreprise, bénéficie de 20 heures de DIF tous les ans. Ces heures sont cumulables sur 6 ans maximum, soit une limite de 120 heures au total. Les salariés en CDD bénéficient du DIF au prorata de la durée de leur(s) contrat(s) (art. L. 6323-1 C. trav.).
À noter : un accord de branche ou d’entreprise peut prévoir une durée supérieure.
Quels sont les possibles apports de la négociation collective sur le DIF ?
Durée de DIF annuelle supérieure à 20 heures, plafond du DIF supérieur à 120 heures, abondement supplémentaire du DIF en cas de formation prioritaire, proratisation pour les salariés ayant moins d’un an d’ancienneté, anticipation des droits au DIF, …
Quelles sont les autres périodes prises en compte pour l’acquisition du DIF ?
Congé de maternité ou d’adoption, congé de présence parentale, congé de soutien familial, congé parental d’éducation (art. D.
6323-3 C. trav.).
À noter : cette liste peut être complétée par un accord de branche ou d’entreprise.
Quelles sont les actions de formation éligibles au titre du DIF ?
Un accord collectif de branche ou interprofessionnel peut définir des actions de formation « prioritaires » (actions réalisées sur le temps de travail et pouvant éventuellement bénéficier d’un abondement d’heures de DIF supplémentaires) (art. L. 6323-8 C. trav.).
À défaut d’un tel accord, les actions sont définies par la loi :
actions de promotion ; actions d’acquisition, d’entretien ou de perfectionnement des connaissances ; actions de qualification (la qualification visée doit être enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles – RNCP - ou reconnue dans une convention collective nationale de branche ou figurant sur une liste établie par la Commission paritaire nationale de l’emploi – CPNE – de la branche) (art. L. 6323-8 et L. 6314-1 C. trav.).
Important ! « L’adaptation au poste de travail » ne relève pas du DIF (arrêt de la Cour de cassation du 16 janvier 2008), c’est de la responsabilité de l’employeur dans le cadre du plan de formation (art. L. 6321-1 C. trav).
Le DIF se déroule-t-il pendant ou hors temps de travail ?
Les actions de formation réalisées dans le cadre du DIF se font en dehors du temps de travail. Cependant, un accord de branche peut décider que ces actions peuvent se réaliser en tout ou partie sur le temps de travail. Pensez à consulter votre accord de branche à ce sujet.
Le salarié parti en DIF perçoit-il toujours sa rémunération ?
DIF hors temps de travail : le salarié bénéficie d’une allocation de formation (équivalent à 50% de la rémunération nette de référence du salarié concerné) et du maintien de sa couverture sociale en matière d’accident du travail (art. L. 6323-14 et art. L
6323-15 C. trav.).
DIF pendant le temps de travail : il y a maintien de la rémunération du salarié (art. L. 6323-11 et art. L. 6323-13 C. trav.).
Quelle est la marche à suivre pour bénéficier de son DIF ?
1. Définir son projet professionnel en prenant en compte le nombre d’heures acquises au titre du DIF (dans le cadre d’un bilan de compétences ou d’un entretien professionnel).
2. Vérifier la cohérence du projet avec les objectifs de l’entreprise en matière de DIF (via un entretien avec sa hiérarchie ou le service du personnel).
3. S’informer sur les programmes de formation proposés par des organismes externes.
4. Choisir le programme adapté (organisme de formation, coût de la formation, durée, dates, …).
5. Formaliser la demande par écrit à la Direction éventuellement
à l’aide d’un imprimé spécifique disponible, auprès du service des ressources humaines, de la Direction ou sur un extranet, de préférence 2 mois avant le début de la formation, compte tenu des délais de réponse de l’employeur (1 mois) et des délais d'inscription.
6. Contractualiser par écrit sur les conditions du départ en stage (pendant ou hors temps de travail …).
À noter ! L’employeur dispose d’un délai d’un mois pour notifier sa réponse, à compter de la date de réception de la demande de DIF. L’absence de réponse de l’employeur vaut acceptation du choix de l’action de formation (art. L. 6323-10 C. trav.).
salarié en CDI
20h/an sur 6 ans = 120h maxi *
salarié en CDD
20h/an au prorata temporis cumul jusqu’à 120h maxi *
choix de l’action de formation par le salarié
accord formalisé salarié / employeur
accord refus
sur le temps de travail
hors temps de travail (80h maxi)
priorité d’instruction de la demande par le FONGECIF/OPACIF au bout de deux
formation prise en charge par l’employeur
refus consécutifs par l’employeur
allocation formation (50% du salaire net)
financement de la formation par le FONGECIF/OPACIF
* sauf accord de branche prévoyant des dispositions plus favorables
Important ! Si, pendant deux exercices civils consécutifs, le salarié et son employeur n’arrivent pas à s’entendre sur le choix de l’action de formation au titre du DIF, le salarié peut demander à bénéficier d’un congé individuel de formation (CIF) (art. L. 6323-12 C. trav.). L’organisme paritaire de gestion du congé individuel de formation (OPACIF) étudiera alors en priorité la demande de prise en charge financière qui sera acceptée sous réserve que l’action de formation corresponde aux priorités et aux critères définis par ledit OPACIF.
Peut-on utiliser son DIF durant une période de chômage partiel ?
Un salarié au chômage partiel peut partir en formation grâce au DIF. Si le DIF se déroule hors temps de travail, il est possible de cumuler l’allocation de formation avec l’allocation spécifique de chômage partiel, sous réserve que le versement de l’allocation formation ne porte pas la rémunération nette du salarié à un niveau supérieur à celle dont il aurait bénéficié s’il n’avait pas été en chômage partiel (instruction DGEFP n° 2009-07 du
25.03.09 et art. D 6321-5 C. trav).
Quel est le rôle du CE ou, à défaut, de la délégation unique du personnel ?
Le CE donne son avis sur la mise en œuvre du DIF dans le cadre légal des deux réunions prévues sur le plan de formation (art. L.
2323-37 et art. D. 2323-6 C. trav.).
Comment les salariés sont-ils informés de leurs droits acquis au titre du DIF ?
Tous les salariés sont informés chaque année, par écrit, du solde des droits acquis au titre du DIF (art. L. 6323-7 C. trav.). Cette information peut figurer sur le bulletin de salaire ou sur tout autre document annexe. Un accord de branche peut préciser les modalités d’information des salariés sur ce sujet.
Peut-on utiliser son DIF une fois à la retraite ?
Lorsqu’un salarié part à la retraite, il perd ses droits acquis au titre du DIF.
Qu’est-ce que la portabilité du DIF ?
Ce nouveau dispositif, issue de l’ANI du 07/01/2009 et de la loi du 24/11/2009, offre la possibilité d’utiliser les droits au DIF en cas de rupture du contrat de travail (démission ou licenciement non consécutif à une faute lourde) pour financer des actions de formation, de bilan de compétences ou de VAE. Lorsqu’il est au chômage, le demandeur d’emploi doit demander l’avis de son Conseiller Pôle emploi sur son projet de DIF (son avis cependant n’engage pas l’OPCA). Cette démarche doit s’effectuer au cours de la 1ère moitié de sa période d’indemnisation du chômage.
En cas de démission, le salarié peut utiliser le solde des heures de DIF, en accord avec son nouvel employeur et dans un délai de deux ans suivant son embauche. À défaut de l’accord de son nouvel employeur, l’action se déroule nécessairement hors temps de travail et aucune allocation de formation (50% de la rémunération nette de référence du salarié concerné) n’est due par l’employeur.
Le salarié qui envisage de démissionner peut également bénéficier de la portabilité de son DIF à la condition qu’elle débute avant la fin de son préavis (pendant le préavis, les actions de formation se déroulent sur le temps de travail). Rappel ! À l’expiration du contrat de travail, l’employeur est tenu d’indiquer au salarié, sur le reçu de solde de tout compte : les droits que ce dernier a acquis au titre du DIF ; le montant en euros correspondant à ces droits acquis ; l’OPCA auprès duquel l’entreprise a versé sa contribution au titre de la professionnalisation.
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Je travaille dans l’entreprise A ; je suis licencié. |
Je demande une formation pendant le préavis. |
financement de l’action par l’OPCA de l’entreprise A. |
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Je travaille dans l’entreprise A ; je démissionne. |
Je demande une formation pendant le préavis. |
Financement de l’action par l’OPCA de l’entreprise A. |
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Je suis au chômage Je suis demandeur d’emploi. |
Je demande une formation, en priorité pendant la période d’indemnisation au chômage, après avis de mon référent Pôle emploi. |
Financement de l’action par l’OPCA de l’entreprise A. |
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Je travaille dans une nouvelle entreprise (entreprise B) |
Je demande une formation pendant les deux premières années suivant mon embauche. |
Financement de l’action par l’OPCA de l’entreprise B. |










